Fuite des cerveaux africains
Une perte de 500 millions de dollars us par an
Ce rapport a été rendu public à Addis-Abeba (Ethiopie) en avril 2004 par l'Organisation mondiale de l'émigration et dont notre rédaction avait reçu copie, révèle que le continent africain est le parent pauvre de l'émigration avec 500 millions US de perte par an en transfert de savoir-faire et parfois même de technologie.
Malgré le récent changement de politiques des pays du Nord où la possibilité pour une émigration reste limitée à cause des conditions drastiques d'obtention de visas et de séjour, l'émigration africaine augmentera toujours, estime Mme N'Diaye N'Dioro, directrice générale de l'Organisation mondiale de l'émigration (OME).
En effet, la prévalence des conflits armés, la violation des droits de l'Homme, le manque de démocratie, la mauvaise gouvernance, le désastre naturel, constituent entre autres, des maux dont sont confrontés les pays africains.
L'émigration est en outre devenue un fléau très difficile à maîtriser et représente même un défi à relever pour les Etats africains en ce nouveau millénaire. Les chiffres ne trahissent pas, car environ 13 millions de réfugiés et demandeurs d'asiles, 21,8 millions de personnes déplacées et 20 millions d'émigrants vivent encore en Afrique et sont en quête d'un éventuel voyage vers l'Occident où ils espèrent mieux vivre.
La conséquence dommageable de ces départs incontrôlés, est la fuite des cerveaux et autres travailleurs qualifiés. Ce qui appauvrit beaucoup les pays africains en ressources humaines, et freine le développement soutenable de leur économie. Les pays les plus entamés sont surtout ceux qui sont ravagés par des guerres fratricides et autres conflits armés.
Une perte en transfert technologique vers l'Occident estimée à 500 millions de dollars par an, selon l'Organisation mondiale de l'émigration.
D’après les dernières statistiques de l'Organisation mondiale du travail (OMT), dans le monde, ils sont plus de 30 millions d'émigrants à travailler dans de conditions irrégulières. Ce qui les rend particulièrement vulnérables sur le marché de l'emploi.
Modesto AYIBATIN
Agence Universitaire de la Francophonie
Des moyens supplémentaires pour plus d'actions en Afrique selon l’agence universitaire de la Francophonie
Depuis 2001, de nouveaux statuts ont permis à l'Agence universitaire de se reconstituer en une nouvelle institution avec en priorité une dimension associative, qui selon sa rectrice,
madame Michèle GENDREAU-MASSALOUX, est la raison d'être de l'Agence (…).
Une telle réforme, dit-elle, fait qu'une université à Madagascar vaut autant que la plus puissante université de Paris. Elle a ensuite indiqué que le Sommet de Berouth, en 2002, avait permis de constater que les Etats membres étaient satisfaits de la façon dont l'Institution s'était recomposée. Et de souligner que cela a permis l'augmentation d'emblée des financements au profit des professeurs, des chercheurs et des étudiants.
En effet, avec un peu plus 40 millions d'euros, le budget de l'Agence universitaire de la Francophonie profite à plus de 450 établissements d'enseignement supérieur et de recherche issus de 40 pays repartis sur les 5 continents. Ce montant permet de financer des bourses d'études, 18 réseaux de chercheurs, une quinzaine de réseaux institutionnels et d'administrateurs, 84 filières francophones, 4 instituts de formation, 4 centres régionaux d'enseignement spécialisé en agriculture et une douzaine de formations doctorales, 16 pôles régionaux d'excellence, 51 projets de coopération inter - universitaires, etc. Aidant ainsi au développement de l'enseignement supérieur et de la recherche dans les pays francophones d'Afrique, du Monde arabe, d'Asie du Sud - Est, d'Europe centrale et orientale, de la Caraïbe, et de l'Océan Indien.
L'élément nouveau, est qu'il y a eu depuis 2003, la visibilité d'un vrai plan d'action pour l'Afrique, qui permet d'apporter des moyens financiers importants pour lutter contre la fuite des cerveaux en soutenant les compétences au Sud. Selon les informations obtenues au Bureau de l'Agence universitaire de la Francophonie à Paris, " cette nouvelle action vise à constituer des foyers d'excellence pour participer activement à la création des conditions d'une relance durable de la formation et de la recherche. Elle vise à offrir aux enseignant - chercheurs et aux chercheurs des conditions d'exercices favorables et stimulantes de leurs responsabilités scientifiques ".
Judith GIROD